Et il fallu s'envoler
26/4/2008
Le stress s'est fait grandissant au fur et à mesure que l'heure du décollage approchait. Surtout que voyager par la voie des aires se resume à beaucoup de files d'attente. En montant, l'avion me paru beaucoup plus petit que ce que j'avais imaginé en le voyant de l'extérieur. Je me suis encore moins senti rassuré quand le plafond de l'appareil se rabattait juste au dessus de ma place située juste à coté du hublot. Cet impression d'enfermement a renforcé mon sentiment de peur que même Marie-Eve n'arrivait pas à diminuer malgré son réconfort permanent. J'avais imaginé que mon angoisse serait à son paroxisme dès lors que le sol se déroberait sous nos pieds. Que la vision du sol à plusieurs kilomètres provoquerait en moi un vertige que ni la plus haute montagne que j'avais déjà gravis, ni même l'alcool le plus enivrant ou le plus interdit que j'ai jamais bu puisse me donner. Alors que je gambergeai sans cesse afin de me convaincre que le vol n'était qu'une épreuve avant d'accomplir un rêve, le pilote avait déjà effectué sa manoeuvre et placé son avion face à la piste. Le bruit du moteur se faisait de plus en plus entendre mais l'avion restait immobile prêt à partir. C'est alors que le commandant de bord lacha les freins...
Tel un oiseau de proie capturant son gibier, la peur fût chassée par la sensation de vitesse. L'acceleration me cala au fond de mon siège comme condamné à observer les kilomètres de piste parcourus à une vitesse fulgurante. Jamais un véhicule ne m'avait fait transpercer l'air de manière aussi véloce. Les roues quittèrent inexorablement la terre ferme : nous décollions. L'angoisse avait disparue de mon esprit qui était trop occuppé à voyager. Grimpant l'échelle de l'altitude par centaines de mètres, la terre devenait un spectacle. Une carte dont l'échelle diminuait petit à petit se dessinait sous mes yeux. Ma passion cartographique pouvait enfin s'épanouir sans papier. Je m'amusais à reconnaitre les différents élements de la nature. La Sâone et le Rhône mélangeaient leur deux couleurs si différentes. En regardant vers la queue de l'appareil, les Alpes se dressaient telles un majestueux rampart enneigé. Il a fallu peu de temps pour se retrouver à l'Ouest de la France et observer les contours de l'estuaire de la Gironde ou ce ceux de l'île de Ré (contours que j'avais suivi à vélo dans un passé proche). L'océan, étendue bleue immobile laissa rapidement sa place à une mer blanche. Ces vagues laitières s'échouaient sur une terre de coton où l'on s'imagine pouvoir poser le pied, ou encore l'enrouler autour d'un batonnet pour le deguster.

Un couple heureux de s'envoler

La côte Ouest de la France

L'océan
L'océan est long à traverser alors les paysages de nuages sont nombreux. Heureusement que nous voyagions à deux : le partage de nos attentes sur ce fabuleux voyage permettait au temps de défiler sans que nous ayons besoin de lui rappeler.

La mer de nuages
Après quelques heures, nous avons pu observer quelques taches glacées qui précedaient des terres encore couvertes de neige. Mais le spectacle fût écourté par un rideau nuageux qui resta fermé jusqu'à l'arrivé.

Les terres gelées
Et l'avion entamait sa descente en direction de Montréal. Il fit demi-tour pour se mettre face à la piste d'atterissage. Il se rapprochait dangereusement des nuages et y sombra définitivement pour nous permettre enfin de découvrir le CANADA !
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